Entre nature morte et modèle vivant
Still life
Manipulation de corps / Artistes en direct
Concept de Caterina Perazzi


Performance-Vernissage en corps à corps pour un modèle, des actants manipulateurs et un dessinateur

Production d’actions et de dessins

Le public est invité à prendre part à l'action de manœuvre




Debout, nu, au centre de la pièce le corps-modèle attend. Des bandeaux reliés à ses articulations. Des spectateurs s’approchent de lui et « tirent » sur ses membres à l’aide des bandelettes. Principe des matelots sur un navire avec la manœuvre des voiles.

Ces nouveaux actants se relaient pour manipuler le corps-modèle.

Les propositions s’enchaînent, manipulateurs et modèle évoluent ensemble dans une dynamique de mouvement soutenue, les bandeaux étirés redessinent l’espace. Par moment ils arrêtent le corps dans une pose que le dessinateur saisit, puis ils cherchent de nouvelles tensions jusqu’à arrêter de nouveau le corps tel un dialogue incessant entre mouvement et suspensions.

« Still life » désigne en anglais la photographie de nature morte, mais signifie littéralement « Vie arrêtée ». Un bon point de départ pour repenser la représentation du vivant.

Still life traite de la rencontre entre le signe arrêté du crayon ou l’impression sur la pellicule, et le débordement insaisissable de la condition du vivant, que l’artiste s’empresse de capturer.

Par contre, la tradition française désigne comme nature morte la représentation à partir d’objets, et la pratique du dessin de l’être humain comme modèle vivant.

Chaque fois que, en ôtant mes vêtements dans un atelier, j’ai été présentée comme « le modèle vivant », un frisson m’a parcouru le dos. Pourrais-je espérer pratiquer cet art aussi post mortem !? De plus, de quelle manière mon corps, mis à nu, a été désexualisé par cette expression clinique et froide ?

Je le fais en offrant ce corps pas encore "conditionné". Encore « hors du cadre » qui va le détenir (une fois qu’on l’aura capturé et transformé en sujet d'un tableau) et le rendre si facilement recevable, même tout nu, en plein milieu de son salon.
Pour se retrouver face à face avec les limites troubles de sa morale et de ses envies, face à son émotion et ses tabous, face à l’autre, si près.
Quelles émotions, images, souvenirs se déclenchent ?
Et comment ces émotions et images vont apparaître dans le dessin ?

Je souhaite interroger les limites du corps et la relation entre les corps, en créant un dispositif de manipulation et, plus largement, d’interdépendance comme métaphore des relations humaines, corporelles et psychiques. Une envie de concrétiser ces liens et de rendre ainsi évidents les pouvoirs qu’ils impliquent et sous-tendent, et l’organisation qu’ils nécessitent. Montrer sur la chair les tensions qui habitent le corps social, dans l’affectif comme dans le politique.

Face à la spécialisation du savoir et de sa transmission, face à l’aliénation du corps dans le monde du travail de l’ère moderne, une situation qui provoque les sens et l’imaginaire.

Caterina Perazzi – 2010


Still life a déjà été présenté :
  • le 19/06/09 à la Galerie Quai Est avec :
    Metteur en scène / Performer : Caterina Perazzi
    Artiste : Julie Gauthron
    Photographe : Martine Ménard et Vincent Plazanet
    Accompagnement musical (improvisation) :
    Voix : Maryline Guitton, Christine Schaller
    Violon: Cédric Allali
    Avec la collaboration de Denis Viougeas, Martine Ménard et Gilles Rozé.
  • le 13/03/10 à l’occasion des Portes Ouvertes de la Grande Chaumière, version solo.


Contacts :
Caterina Perazzi : 06 79 26 11 28
Julie Gauthron : 06 82 19 13 65

Voir un extrait vidéo - version concentrée
Voir un extrait vidéo - version documentaire 19/06/09 + concert en directe

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