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Solo for Shadows
Portraits dansés de l’Ombre
Synopsis
« Solo for Shadows » est un spectacle fait de la matière des rêves. Les noms et les lieux se brouillent, les histoires y apparaissent par fragments et des mondes lointains se côtoient sur la scène. Comme dans un rêve on peut s’y perdre ou s’y retrouver.
Comme un rêve il parle par images et par énigmes et sa voix cherche sa résonance dans les abîmes de l’âme, avant que la raison ne l’ait saisie.
Le spectacle commence à la cour du roi. Un trône froissé est dressé sur scène. Au fond, s’accumulent des chaises vides en guise d’audience : effigies d’un passé perdu à jamais. Le vieux roi parle, mais ce n’est qu’un rituel : tout a déjà eu lieu. Malgré le ton solennel des cérémonies officielles, il ne retrouve que des fragments de ses discours d’antan. Il n’a devant lui que le passé – des chaises vides.
Huit tableaux se succèdent : une spirale d’images contrastées et chatoyantes, des lumières palpitantes de discothèque, des néons froids de couloir d’hôpital et des pénombres crépusculaires poignantes. Huit personnages viennent jouer la Comédie de la Vie, comme seuls peut-être les morts savent le faire. Roi, vassal, chien, dame blanche, infirmière, mémoire, … face à la Mort. Ce sont des esprits venus de rêves différents, des personnages solistes... seuls, qui ne communiquent pas entre eux. Qui se disputent la possession de l’interprète pour donner corps et voix aux mille visages de la Mort.
Démarche artistique
Solo for Shadows est une performance de danse-théâtre. Les éléments du travail corporel et de la gestuelle y sont aussi importants que le texte, le travail vocal, la musique et le chant.
Pendant le processus de création, j’ai travaillé beaucoup sur le lâcher prise : en fait, c’est à travers l’improvisation et l’écriture de scène que j’ai créé les matériaux et les textes qui composent le spectacle.
Je puisais dans le puits de mon vécu, et d’un vécu de deuil, mais les images, les personnages qui en sont sortis, d’une vitalité désespérée, ne racontent pas mon histoire personnelle. D’urgence ils rentrent sur scène, ils rentrent en moi, et s’adressent directement au public. Pleins de douceur ou de violence, provocants ou irrésistibles, leur cœur sur la main ou écrasé sous des talons aiguilles, ils appellent le public à témoin de leur histoire…une histoire qui semble tous nous relier…
Caterina Perazzi, auteur et metteur en scène
Presse
« Avec son spectacle Solo for Shadows, en scène au Teatarfest de Sarajevo, l’artiste italienne se mesure avec la mort de son père. Elle le fait avec une tendresse et une férocité surprenantes. Et une irréductible originalité ».
Extrait d’un interview à Caterina Perazzi par Ugo Volli, critique théâtral et journaliste, apparue sur lo Specchio della stampa, Italie, mai 08
« La performer-danseuse déploie sa force interprétative et transformiste pour incarner et re-donner vie à des personnages extrêmes (…) Caterina Perazzi offre des gestes qui paraîtraient inconsidérés et fous, des expressions faciales extrêmes, des postures du corps qui nous plongent dans les ombres - par moments vraiment urticantes, de l’inconscient, et que l’on ne peut pas oublier ».
Marinella Guatterini, critique de danse et journaliste, Il sole 24 ore, Italie, avril 06
Hommage
Milan, 24 août 2001
Après une longue maladie, le Dr. Franco Perazzi s’est éteint - lentement - en laissant seules sa femme Daniela et sa fille Caterina.
L’enterrement aura lieu dimanche dans l’église de Saint Pierre à 9:15.
Paris, 24 février 2002
De la fenêtre de mon studio de danse je vois le cimetière de Montmartre
Mon cœur reprend à saigner et les fantômes à me hanter
Mon corps danse comme une poupée sous les yeux du sorcier
Ma tête danse
Les oreilles se souviennent de ses cris de douleur, de ses cris de folie
Les yeux se souviennent de sa métamorphose, des années à se recroqueviller sur soi même, la peau devenue transparente et tendre comme celle d'une délicate princesse, d'une crevette cuite, d'un mort.
Les os comme des branches sèches. Friables.
Sa main droite en guise de pistolet pendant qu'il nous tire dessus en proie au délire
Ses histoires d'une centaine de soldats allemands en miniature qui envahissaient notre maison
Lui: le soldat en fauteuil roulant
Seul, la bave à la bouche,
à nous défendre, avec son pistolet fait avec 2 doigts
Lui, qui n’arrive pas à arrêter de mourir.
Puis il retombe endormi sur son fauteuil,
Il lit encore des fois, mais son livre est à l’envers
Je ne dis rien, je demande s’il est bien, le livre
Il aimait boire du vin, il se réveillait le matin en espérant en avoir pour le petit déjeuner
Ma maman et moi aussi, on aime le vin.
Solo for Shadows c’est mon carnet de voyage à travers sa mort
mais si on va aux enfers voir son mort, il faut savoir qu’il n’est jamais seul
Chacun de ses compagnons m'a sifflé, d’une haleine froide, une bribe de son histoire à l’oreille.
C'est dans ce chœur d’ombres que je monte sur scène pour donner vie à Solo for Shadows.
Tchin! A ta mémoire, papa.
Solo for Shadows a déjà été joué aux Etats-Unis, en France, Italie et Bosnie Herzégovine.
Voir un extrait vidéo
Dossier de diffusion (pdf - 6303ko)
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